Qu'attendons-nous pour réagir face à la menace qui pèse sur les abeilles ?

Il y a cinquante ans, Einstein soulignait déjà la dépendance des hommes aux butineuses «  Si l’abeille disparaissait du globe, disait-il, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre. » Il faut savoir en effet que 80% des espèces végétales ont besoin des abeilles pour se reproduire et que 35% de nos apports caloriques reposent sur ces plantes. Depuis, les scientifiques, chercheurs, journalistes, … tentent de mettre en lumière la menace qui pèse sur ces insectes pollinisateurs.

Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme

Une inquiétante épidémie se propage de ruche en ruche sur la planète. Des abeilles quittent les ruches pour ne plus y revenir. Plus intriguant encore, aucun cadavre n’est retrouvé ou très peu. C’est ainsi que des Etats-Unis, au Canada, en passant par l’Europe, et plus dernièrement Tawain, partout le même scénario se répète. Les scientifiques ont appelé cela « le syndrome d’effondrement » ou « colony collapse disorder ».

Aux Etats-Unis, on estime à 1,5 millions (sur 2,4 millions de ruches au total) le nombre de colonies qui ont disparu dans 27 Etats. En France, les pertes iraient de 15 à 95% selon les cheptels.
En Angleterre, le syndrome à été baptisé « Phénomène » en référence au navire dont l’équipage s’est volatilisé en 1872. Même scénario en Suisse, en Italie, en Grèce, en Autriche, ou encore en Pologne.

Quelles sont les causes de ce syndrome ?

Est-ce la cause d’un nouveau microbe ? Les pesticides sont-ils à l’origine de ces étranges disparitions ?

Les parasites sont très liés à la disparition des abeilles. Les plus fréquents et les plus dangereux sont la loque américaine, une bactérie qui dévore les larves d’abeilles pour ne laisser qu’un résidu gluant, le varroa, un acarien qui parasite les abeilles, ou certains champignons comme le « Nosema Cernae ».

D’après l’équipe de recherche de Mariano Higes installée à Guadalajara, une province à l’est de Madrid, « le Nosema Cernae est le plus dangereux de la famille. Il peut résister aussi bien à la chaleur qu’au froid et infecte un essaim en deux mois. Nous pensons que 50% de nos ruches sont contaminées. » L’Espagne, avec plus de 2,3 millions de ruches, dispose du quart des abeilles domestiques de l’Union Européene. On comprend ainsi mieux l’inquiétude grandissante des chercheurs face à ces disparitions.

Les pesticides sont également liés à ce syndrome. Il faut savoir en effet que les nouvelles générations d’insecticides pénètrent systématiquement toute la plante, y compris le pollen. Au contact de ces insecticides, les abeilles qui butinent les fleurs sont désorientées, elles se refroidissent et ne retrouvent plus leurs ruches. Leur système immunitaire étant affaibli, ces abeilles meurent généralement après avoir développé une maladie neurodégénérative.

Les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) affaibliraient les abeilles et la pollution électromagnétique, notamment les ondes émises par les antennes-relais de téléphonie mobile, pourrait également désorienter les abeilles et ainsi les empêcher de retrouver leur ruche.

La réaction des pouvoirs publics et les actions déjà mises en places

En 1999 et en 2004, les pouvoirs publics reconnaissent enfin la toxicité de deux molécules présentes dans certains pesticides et suspendent la commercialisation du Gaucho sur tournesol et maïs et du Régent sur toutes les cultures. Elles n’ont cependant pas été définitivement interdites.

Au printemps 2010, des espèces végétales mellifères ont été semé sur plus de 250 kilomètres d’accotements routiers, à l’initiative du ministre du développement durable dans le cadre des engagements du Grenelle Environnement. Plus récemment (le 20 mars 2011), le cri d’alarme des dirigeants apicoles a été relayé par l’ONU qui a lancé un signal à tous les états.

Comment participer, à mon tour, à la protection des abeilles ?

Vous disposez d’un terrain inexploité ? Pensez aux prairies fleuries ! Ces espaces attireront les abeilles et leur permettront de butiner des fleurs saines et sans danger. Carré Blanc dispose de packs événementiels de semences de fleurs sauvages présentés sous forme de vivariums ou de sachets qui vous permettront d’aménager une surface de 2m² environ.

En reconstituant l’habitat naturel des insectes, les hôtels à insectes permettent également de protéger les abeilles et autres insectes pollinisateurs tels que les papillons, les bourdons etc. Ils se présentent sous la forme d’une petite maison séparée par divers compartiments remplis de matériaux naturels tels que de la paille, de la glaise ou encore de la brique. Sachez que les abeilles telles que la mégachile, apprécient particulièrement se poser sur une natte de roseau ou dans des briques creuses remplies de paille et de glaise.

Si vous le souhaitez, Simply Green propose des hôtels à insectes à disposer dans votre jardin ou sur votre terrain.

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